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Bâtimétiers N° 62 - 2021 | Dossier

Rénovation énergétique : prêts pour la relance

En élargissant le périmètre des bénéficiaires et en favorisant les rénovations globales par un jeu de bonus, la nouvelle mouture du dispositif d’aides publiques MaPrimeRénov’, en vigueur depuis le 1er octobre 2020, donne un coup d’accélérateur au marché de la rénovation énergétique des logements privés. À condition de bien gérer les dossiers administratifs ou de les confier à un partenaire dédié à cette tâche, et de réaliser les travaux qui associent efficacité énergétique et retour sur investissement, ce marché représente un potentiel d’activité plus important que jamais pour les entreprises.

Crédité de 20 % des émissions de gaz à effet de serre en France, le bâtiment doit prendre toute sa part dans la lutte contre le réchauffement climatique. Comment ? Par une rénovation énergétique massive, que les pouvoirs publics encouragent depuis de nombreuses années par des dispositifs d’aides financières, sans avoir obtenu jusqu’à présent les résultats escomptés.

Dans ce contexte, la nouvelle mouture de MaPrimeRénov’, lancée le 1er octobre 2020, dans le cadre du plan France Relance, marque la volonté de passer à la vitesse supérieure, par un ensemble de dispositions destinées au logement privé.

Le nouveau dispositif élargit tout d’abord le périmètre des bénéficiaires en s’adressant à tous les propriétaires, occupants ou bailleurs, et aux copropriétés pour les travaux dans les parties communes. Le montant de l’aide est modulé en fonction des revenus du foyer (selon les cinq profils MaPrimeRénov’ : bleu, jaune, violet, rose ou copropriété) et des économies d’énergie générées par les travaux. Pour rendre le dispositif « plus simple, plus juste et plus efficace », selon les mots de son promoteur, il s’accompagne de bonifications pour encourager les rénovations ambitieuses (voir encadré), et d’un simulateur en ligne, Simul’aides1, qui permet aux particuliers de connaître facilement le montant des aides. MaPrimeRénov’ remplace totalement le crédit d’impôt pour la transition écologique (CITE), mais reste cumulable avec le plus ancien et le plus efficace dispositif en vigueur, celui des certificats d’économies d’énergie (CEE), par lequel les fournisseurs d’énergie, ou « obligés », sont tenus d’inciter leurs clients à réaliser des travaux de rénovation énergétique via des primes accessibles à tous, sans conditions de ressources2.

Dans ce contexte porteur, voici un tour d’horizon, témoignages d’entrepreneurs à l’appui, des opportunités actuelles du marché de la rénovation énergétique dans le logement privé.

Des mesures pour favoriser les rénovations globales

Parmi les nouveautés du dispositif, MaPrimeRénov’ s’accompagne d’un ensemble de mesures qui encouragent les travaux de performance globale :

  • un forfait « rénovation globale » pour les projets ambitieux qui permettent une économie d’énergie de plus de 55 % ;
  • un bonus « sortie de passoire énergétique » pour accélérer la rénovation de 4,8 millions logements énergivores (étiquette F ou G) ;
  • un bonus « bâtiment basse consommation » (BBC) pour les logements rénovés qui atteignent l’étiquette B ou A.

Une procédure unifiée pour les travaux lot par lot

Pour Norbert Debras, dirigeant de SAS Norbert Debras, une entreprise artisanale spécialisée dans l’isolation par l’extérieur en maison individuelle, qui emploie huit salariés à Frémeréville-sous- les-Côtes (Meuse), MaPrimeRénov’ s’inscrit dans le prolongement des dispositifs antérieurs. Depuis de longues années, les dossiers de ses clients les plus modestes étaient instruits par l’Anah3 ou le Cmal4, qui recherchaient l’ensemble des primes possibles et garantissaient leur versement – une démarche longue et fastidieuse. Quant à ses clients à revenus intermédiaires, ils faisaient appel au CITE, remplacé par MaPrimeRénov’, qui représentait 30 % du montant des travaux, avec un plafonnement. Selon lui, le nouveau dispositif modifie cette répartition, sans pour autant entraîner une révolution : « Le grand changement du nouveau dispositif est qu’il s’adresse à un public plus large, des plus modestes aux revenus intermédiaires. D’une certaine façon, il loge tout le monde à la même enseigne. Mais contrairement à ce qu’on a entendu ici ou là, tout le monde n’a pas droit aux mêmes aides, car les ménages les plus aisés ne sont éligibles qu’à certains travaux d’isolation ou de rénovation globale, mais pas aux travaux sur les équipements. » Dans certains cas, on peut même dire que le CITE était plus incitatif que le nouveau dispositif : pour réaliser l’isolation thermique par l’extérieur d’un pavillon, par exemple, un couple aux revenus intermédiaires pouvait obtenir 50 €/m², un montant qui est ramené à 40 €/m² avec MaPrimeRénov’.

Pour le chef d’entreprise, l’avancée majeure du nouveau dispositif est dans la simplification de la procédure, qui se rapproche de celle de l’obtention des CEE. Une fois le devis réalisé après le passage de l’artisan à son domicile, il suffit au client de se rendre sur le simulateur Simul’aides et d’y renseigner le montant des travaux et sa situation fiscale (revenus, nombre de personnes dans le foyer) pour connaître tout de suite la prime à laquelle il a droit, ce qui facilite sa prise de décision et confirme la confiance en l’artisan. « Autre nouveauté, le professionnel peut s’inscrire sur le site en tant que mandataire. C’est intéressant car, dans ce cas, la prime est versée directement à l’artisan, ce qui nous donne une assurance de paiement, surtout pour les clients qui ont les plus faibles revenus », ajoute Norbert Debras. Selon lui, le nouveau dispositif devrait bien stimuler le marché de la rénovation énergétique, à condition de savoir convaincre des clients devenus méfiants en raison d’une communication simplificatrice et des faux espoirs donnés aux ménages aisés qui n’ont plus droit à beaucoup d’aides.

Norbert Debras, dirigeant de SAS Norbert Debras, Frémeréville-sous-les-Côtes (Meuse)

« Le grand changement du nouveau dispositif est qu’il s’adresse à un public plus large, des plus modestes aux revenus intermédiaires. D’une certaine façon, il loge tout le monde à la même enseigne. »

De nouveaux acteurs au profil « rénovation globale »

Malgré la simplification des procédures, il n’en demeure pas moins que MaPrimeRénov’ succède aux nombreux dispositifs précédents (programme Habiter mieux Agilité de l’Anah, CITE, etc.) ou s’ajoute à d’autres qui perdurent (CEE, aides régionales, départementales, voire des communautés de communes), ce qui crée une multiplication des aides possibles et rend complexe l’instruction des dossiers. C’est ce qui explique l’arrivée sur le marché de nouveaux profils d’entreprises chargées de faire le lien entre le client particulier et l’artisan. C’est le cas des Artisans du Réseau Thonin, créés il y a quatre ans à Void-Vacon (Meuse), qui opèrent dans le Grand Est. « Notre entreprise emploie une quinzaine de salariés chargés des dossiers administratifs, et une quinzaine de techniciens qui travaillent ensemble pour optimiser le projet de rénovation énergétique des particuliers, au plan à la fois technique et financier, en faisant une synthèse de toutes les aides publiques existantes », explique Nicolas Benoît, le dirigeant de l’entreprise. Une fois les dossiers vérifiés administrativement, la réalisation des travaux est prise en charge par les artisans régionaux partenaires du réseau, qui appartiennent aux métiers de l’isolation et de l’enveloppe, du chauffage, de la ventilation et du traitement de l’air.

Le rôle des Artisans du Réseau Thonin est donc d’absorber la complexité administrative, tout en proposant au client final la rénovation énergétique la plus performante possible, c’est-à-dire la plus large, en sachant qu’il y aura souvent un reste à charge plus ou moins important pour lui, amorti dans le temps par la baisse de ses factures d’énergie. « Si tel est le choix du client, nous pouvons changer uniquement son chauffage ou ses fenêtres. Mais s’il veut aller vers une rénovation globale, alors nous réalisons un audit énergétique, qui fait aussi l’objet d’une prime depuis début 2021, et bénéficions du bonus en cas de sortie du statut de passoire thermique (étiquette F ou G) », ajoute Nicolas Benoît. En résumé, les Artisans du Réseau Thonin mettent d’une certaine façon les prestations d’un bureau d’études à la portée du particulier et permettent aux artisans de se concentrer sur le cœur de leur métier, les travaux. En accompagnant le client jusqu’à la réalisation des travaux, ils prolongent la mission des espaces Faire (voir encadré ci-dessus).

Nicolas Benoît, dirigeant de l’entreprise Artisans du Réseau Thonin, Void-Vacon (Meuse)

« Nos salariés chargés de l'administratif et nos techniciens travaillent ensemble pour optimiser le projet de rénovation énergétique des particuliers, en faisant une synthèse de toutes les aides publiques existantes. »

Espaces faire : un trait d’union entre les particuliers et les entreprises

Le lancement de MaPrimeRénov’ s’est accompagné d’une importante campagne de communication sur les espaces Faire : un réseau réparti sur tout le territoire, né notamment de la réunion des Espaces Infos Énergie et des Agences locales de l’énergie et du climat. Leur rôle est de diffuser vers les particuliers une information technique ainsi que sur les aides auxquelles ils ont droit. « Nous avons avant tout un rôle de conseil. Nous examinons chaque cas et proposons aux particuliers le projet de rénovation le plus pertinent, en les orientant autant que possible vers une rénovation globale qui sera plus performante », précise Richard Gonnet, directeur de l’Agence locale de l’énergie et du climat de la Loire (Alec42, Saint-Étienne). En aiguillant les particuliers vers les entreprises RGE référencées localement pour la réalisation des travaux, les espaces Faire sont donc au carrefour du dispositif.
« Les particuliers viennent parfois avec un problème à régler – par exemple ”j’ai froid l’hiver et j’ai chaud l’été” ; ils peuvent aussi être plus avancés dans leur démarche et venir pour avoir un avis sur un devis, ou tout simplement pour savoir à quel montant de prime ils ont droit, explique Florent Pidoux, responsable grand public de l’Alec de la métropole marseillaise. Nous leur donnons toutes les réponses. » En général, l’intention initiale des clients est de n’intervenir que sur un élément (isolation, fenêtre, chauffage), l’objectif étant de les mener à faire davantage, en évitant les travaux qui « tuent le gisement », c’est-à-dire chers, peu efficaces et qui mobilisent tout le financement disponible. Un an après le lancement de la marque, l’activité des agences Faire est en forte augmentation, comme le montrent les exemples d’Alec 42, qui traite 2 000 appels par mois et accompagne 2 500 projets par an, et de l’agence marseillaise, qui a doublé son activité en 2020.

Contrat d’accompagnement énergétique : aller plus loin et lutter contre la fraude

La mise en place de MaPrimeRénov’ attire logiquement l’attention des entreprises sur le marché des particuliers. À la tête du groupe Geceha (Seine-et-Marne), qui emploie une soixantaine de salariés et réunit tous les métiers du génie climatique, Stéphane Sajoux a longtemps été spécialisé dans le bâtiment tertiaire, en neuf comme en rénovation. Mais son analyse du marché l’a décidé à se diversifier dans le logement privé, en créant un département dédié. « Depuis la crise de la Covid-19, de nombreux projets tertiaires sont à l’arrêt, et la rénovation énergétique des bâtiments publics va se déployer à moyen terme vers 2021-2022, explique-t-il. Avec la stimulation de MaPrimeRénov’, qui est dotée d’un financement public de 2 milliards d’euros sur deux ans et de bonus pour atteindre le niveau “bâtiment basse consommation” (BBC), c’est-à-dire l’étiquette énergie B ou A, il apparaît que c’est la rénovation énergétique chez le particulier qui va repartir le plus vite. » Le chef d’entreprise regrette seulement que les ménages les plus aisés ne soient pas éligibles aux travaux liés au remplacement des systèmes de chauffage. Stéphane Sajoux estime aussi qu’on pourrait aller plus loin en instaurant le « contrat d’accompagnement énergétique » (CAE), une proposition en gestation à la FFB depuis bientôt deux ans. L’idée est de proposer un accompagnement complet du client final depuis l’audit énergétique jusqu’à la réalisation des travaux (planifiée par tranches au besoin) et leur suivi, et même au-delà avec l’adoption de bonnes pratiques dans la durée. « L’originalité est dans le suivi et la possibilité d’analyser à intervalles réguliers avec le client ses factures d’énergie, pour lui apprendre à maîtriser sa consommation, ajoute-t-il. Ce contrat a du sens aujourd’hui, et nous avons bon espoir qu’il fasse lui aussi l’objet d’une prime “Coup de pouce” des CEE. »

Le projet de CAE a aussi d’autres vertus. Il intègre ainsi l’entretien des équipements, indispensable par exemple pour garantir les performances d’une pompe à chaleur dans le temps, et constituerait un moyen de lutter contre la fraude : difficile en effet, pour une entreprise sous contrat et qui s’engage dans la durée, de disparaître dans la nature une fois les travaux effectués. Il serait un parfait complément à la réforme du RGE, qui vise elle aussi à lutter contre la fraude : depuis le 1er janvier 2021, le RGE est monté en gamme, les audits sont plus nombreux et effectués sur des chantiers choisis de façon aléatoire par les contrôleurs. Il est à noter que les particuliers peuvent aussi faire un signalement des pratiques frauduleuses d’entreprises RGE sur le site public Faire5.

Stéphane Sajoux, dirigeant du groupe Geceha (Seine-et-Marne)

« L’originalité du projet de “contrat d’accompagnement énergétique” est dans le suivi et la possibilité d’analyser à intervalles réguliers avec le client ses factures d’énergie, pour lui apprendre à maîtriser sa consommation. »

Intégrer la rénovation énergétique au projet global

Constructeur de maisons individuelles implanté à Mareuil-lès-Meaux (Seine-et- Marne) et réalisant une centaine de maisons par an en Île-de-France, Berval (groupe Hexaôm) fait aussi de la rénovation globale de maisons individuelles, en y incluant la rénovation énergétique. « L’un des principes est de faire que toute rénovation lourde implique une rénovation énergétique, explique son directeur technique, Jérémy Lochert. Pour certains de nos projets, par exemple pour transformer une maison des années 1970 en une maison type BBC, nous ne gardons que les murs et la toiture, et nous refaisons tout le reste : réseaux, isolation, chauffage… » Pour vendre ces prestations et développer cette activité, Maisons Berval représente la marque Rénovert du groupe Hexaôm en Île-de-France, créée à la suite du Grenelle de l’Environnement à la fin des années 2000. Pour cette entreprise qualifiée RGE, le dispositif MaPrimeRénov’ va dans le bon sens, dans la mesure où il favorise la rénovation globale : « La rénovation énergétique est d’autant plus efficace qu’elle inclut l’ensemble des lots dits précisément “énergétiques” : isolation, fenêtres et équipements dynamiques, comme pompe à chaleur ou ballon d’eau chaude thermodynamique, ajoute Jean-François Viaud, coordinateur Rénovert. C’est là que nous pouvons apporter une valeur ajoutée. En tant qu’interlocuteur unique pour le client, nous offrons un appui technique, et toutes les garanties juridiques et assurantielles du constructeur de maisons individuelles. »

Berval, qui se présente volontiers comme constructeur-rénovateur, attire cependant l’attention sur le fait que la rénovation énergétique n’est pas aujourd’hui le premier levier qui fait acquérir et rénover un bien. « Nos clients sont d’abord motivés par le foncier, c’est-à-dire le quartier où ils souhaitent vivre, et la surface offerte par le logement, explique Jérémy Lochert. Voilà pourquoi notre offre comprend les agrandissements, les surélévations et les aménagements intérieurs. Dans un contexte de prix de l’immobilier très élevés, le budget consacré à la rénovation énergétique n’arrive qu’en troisième position. » Autrement dit, un projet de rénovation énergétique aura d’autant plus de chances de voir le jour qu’il sera pertinent aussi bien en termes de performances que de retour sur investissement, une équation essentielle dans l’optique d’une rénovation énergétique massive du parc de logements. Il reste donc du chemin à parcourir pour faire de la réduction de la consommation énergétique un enjeu prioritaire aux yeux des acquéreurs de maisons individuelles.

Jérémy Lochert, directeur technique chez Rénovert-Maisons Berval, Mareuil-lès-Meaux (Seine-et-Marne)

« L’un des principes est de faire que toute rénovation lourde implique une rénovation énergétique. »

Un aspect essentiel : la satisfaction client

Enfin, pour que les objectifs de MaPrimeRénov’ soient atteints, il semble nécessaire de créer avec les clients particuliers le climat de confiance qui assurera la pérennité des travaux dans le temps. Pour Anthony Daviet, dirigeant d’une entreprise implantée à Moutiers-les-Mauxfaits (Vendée) et employant une dizaine de salariés, dont cinq plombiers chauffagistes, un électricien et un frigoriste, il est essentiel de miser sur la satisfaction client, en respectant certaines étapes de bon sens. « Le devis doit obligatoirement être fait lors d’une première visite, avec une estimation des aides MaPrimeRénov’ et des CEE, argumente-t-il. Nous renvoyons ensuite le client vers les organismes locaux dédiés pour la gestion de MaPrimRénov’, Hatéis6 ou Soliha7, mais nous prenons en charge nous-mêmes le dossier des CEE. Pour éviter tout faux pas, nous attendons la validation de ces deux aides avant de signer le devis et de commencer les travaux. » Ces prestations sont complétées par une information sur la maintenance et les coordonnées de plusieurs prestataires pouvant assurer le suivi et le maintien des performances des installations dans la durée.

Antony Daviet constate avec satisfaction que MaPrimeRénov’ est à l’origine de la forte hausse de son carnet de commandes, sans s’emballer pour autant. Dans un tel contexte, le plus important est de montrer à son client qu’on ne cherche pas absolument à lui vendre le maximum de travaux, mais que l’on réfléchit à sa problématique pour lui proposer la solution la plus pertinente : « Il faut pour cela faire le bon diagnostic de départ, poursuit-il, et lui dire, dans certains cas, qu’il a tout intérêt à consentir un petit reste à charge supplémentaire pour accéder à une rénovation plus large, avec des performances bien meilleures à la clé. » Autrement dit, un client satisfait est un client qui comprend que les aides ne sont pas une fin en soi, mais un moyen d’atteindre un objectif de performance énergétique, et qui voit que son intérêt a été pris en considération avant celui de l’entreprise.

Malgré un démarrage en demi-teinte en raison des délais de traitement, le dispositif MaPrimeRénov’ est monté en puissance et a déjà suscité le dépôt de plus de 170 000 demandes, dont 120 000 satisfaites entre son lancement le 1er janvier 2020 et la fin 2020. À la sortie du premier confinement au printemps 2020, les ménages qui disposaient d’une réserve d’épargne ont lancé de nouveaux projets de rénovation énergétique en faisant appel à ce nouveau levier. Mais les observateurs relèvent que les choses se sont compliquées à la sortie du deuxième confinement au dernier trimestre, car les crédits bancaires sont devenus plus difficiles à obtenir pour de nombreuses personnes impactées par la crise de la Covid-19. La trajectoire de MaPrimRénov’ en 2021 et au-delà dépendra donc de l’évolution du pouvoir d’achat des Français. Ce qui légitime d’autant plus ce dispositif, conçu pour aider à atteindre l’objectif de 500 000 rénovations de logements par an jusqu’en 2050.

Anthony Daviet, dirigeant de l’entreprise Dominique Daviet, Moutiers-les-Mauxfaits (Vendée)

« Le devis doit obligatoirement être fait lors d’une première visite chez le client, avec une estimation des aides MaPrimeRénov’ et des CEE. »

En parallèle à MaPrimeRénov’, des mesures pour les bâtiments publics et tertiaires

Bien qu’ils ne constituent qu’un quart du parc existant, les bâtiments tertiaires – dont les bâtiments publics – représentent un tiers des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre de la totalité du secteur. Pour qu’ils contribuent à atteindre à terme la neutralité carbone, conformément à la Stratégie nationale bas-carbone, les gestionnaires de bâtiments tertiaires doivent réduire leur consommation d’énergie de 40 %, 50 %, puis 60 % respectivement à l’horizon 2030, 2040 et 2050, par rapport à l’année de référence, 2010. Dans son plan de relance économique pour la rénovation énergétique des bâtiments, annoncé le 3 septembre 2020, l’État a indiqué que 4 milliards d’euros seront consacrés à la rénovation énergétique des bâtiments tertiaires publics – écoles, universités, administrations – en 2021 et 2022. En complément, une enveloppe de 200 millions d’euros est attribuée, sous forme de crédit d’impôt, aux TPE et PME pour les accompagner dans la rénovation énergétique de leurs locaux (30 % des travaux financés dans la limite de 25 000 euros). Un volant d’activité supplémentaire en perspective pour les artisans et les entreprises, au sortir de la crise de la Covid-19.

1

Simul’aides sur www.faire.gouv.fr

3

Agence nationale de l’habitat (www.anah.fr)

4

Centre meusien d’amélioration du logement (www.cmal.fr)

6

Hatéis Habitat (www.hateis.fr)

7

Soliha—Solidaires pour l’habitat (www.soliha.fr)